Hanne De Haes, ex-joueuse internationale de volley, a la volonté de transmettre
[✮✮✮ PORTRAIT D'ÉTOILE ✮✮✮]
Hanne De Haes est une ancienne joueuse de volley-ball belge née en 1986 à Waerloos près de Kontich en province d'Anvers. Elle mesure 1,89 m (même si certains médias lui attribue 1,91 m) et jouait au poste de centrale. Elle a mis un terme à sa carrière de volleyeuse professionnelle en 2014. Saison 2018-2019, Hanne De Haes reprend pendant quelques mois en Ligue A belge à Sedisol Volley Farciennes. Sélectionnée régulièrement en équipe nationale féminine de 2005 à 2011, Hanne est passée par plusieurs clubs pendant sa carrière de joueuse de volley : à VT Turnhout (en 2002-2003), à Eburon Tongres (de 2003 à 2006), aux Dauphines de Charleroi (une première fois en 2006-2007 puis de 2009 à 2014) ou encore à Sedisol Farciennes en 2018-2019 en Belgique mais aussi à Nova KBM Branik en Slovénie lors de la saison 2007-2008 et à Grotte Volley Castellana en Italie en 2008-2009. L'ancienne internationale qui passa aussi quelques étés avec un certain succès par le beach volley, a réorienté sa carrière dans le marketing après le volley-ball et a ajouté une nouvelle corde à son arc après la période COVID : coach sportif aidant les gens à perdre du poids et à mieux s'alimenter. Mariée à un ancien excellent joueur de basket-ball du CEP Fleurus (tiens, tiens, le club où a aussi évolué longtemps le président actuel de l'E.V.A.), elle est restée, vit et travaille toujours aujourd'hui dans la région carolorégienne.
Nous l'avons interviewée dans le cadre d'une série de portraits qui sera relayée sur ce site sous le titre de Portrait d'Étoile. Une série d'interviews de personnalités sportives, dont Hanne est la première, qui peuvent inspirer et donner des conseils aux jeunes joueurs et joueuses de l'E.V. Arsimont mais aussi à la jeunesse de notre région en général. Nous espérons que vous apprécierez cette rubrique qui sera "nourrie" de manière régulière. Laissons Hanne De Haes s'exprimer :
E.V. Arsimont - Bertrand Larsimont (BL) : Dag Hanne !
Hanne De Haes (HDH) : Bonjour Bertrand.
BL : Pour les jeunes filles et les jeunes garçons qui hésitent encore à franchir les portes d'un club de volley-ball, que leur dirais-tu pour leur donner envie de commencer et de s'accrocher à ce sport ?
HDH : S’il y a la moindre hésitation, mon premier conseil est simple : pousse la porte, participe au premier entraînement et engage-toi à tester au moins trois fois.
Le volley-ball est un sport magnifique mais très technique et exigeant au départ. Chaque touche de balle demande de la précision, de la coordination et une progression constante par rapport à la touche précédente. C’est tout à fait normal au début d’avoir peur de mal faire ou de ressentir un peu de frustration. Mais dès la troisième séance, le déclic opère : on sent déjà les progrès, le jeu devient un peu plus facile et le plaisir s’installe. Au-delà du terrain, le volley est un sport d’équipe par excellence où l'on construit des amitiés solides qui durent souvent toute une vie.
BL : Ta carrière de joueuse professionnelle s'est arrêtée en 2014. Comment gère-t-on l'après-carrière lorsqu'on a vécu pour le sport de haut niveau ?
HDH : Honnêtement, la transition n’a pas été simple. Je me rappelle encore très nettement du premier jour après mon dernier match avec Charleroi : en rentrant du boulot, je suis restée assise dans ma voiture pendant au moins trente minutes à me demander : "Et maintenant… qu’est-ce que je fais ?".
J’ai dû mettre un terme à ma carrière à cause de mes genoux. À 18 ans, je m’étais déchiré le ligament croisé antérieur, avec une lésion du ménisque et un cartilage abîmé au stade 4. Quelques semaines après mon arrêt officiel, j'ai subi ma troisième opération. Dans un premier temps, toute mon énergie a été canalisée dans la rééducation, puis rapidement vers un nouveau projet de vie magnifique puisque je suis tombée enceinte quelques mois plus tard.
Par la suite, j'ai investi beaucoup d'énergie dans le secteur privé comme Marketing Manager. Mais pendant la période des confinements, j’ai ressenti un décalage : le monde de l'entreprise classique ne me correspondait plus du tout. L’adrénaline du sport, l’esprit d’équipe, le travail guidé par une passion commune et des objectifs humains me manquaient profondément.
BL : Aujourd'hui, tu as une vie très active de maman de trois enfants, de coach sportive et d'entrepreneure. En quoi consiste exactement ton métier de coach actuel ?
HDH : J’ai en effet un quotidien à 100 à l’heure ! Avec une fille de 11 ans et des jumeaux de 9 ans, je combine mes casquettes professionnelles avec celle de "maman-taxi". Le schéma classique "métro-boulot-dodo", je l’ai testé, et ce n’était tout simplement pas fait pour moi. J’ai choisi d’arrêter de bâtir les rêves de quelqu’un d’autre pour construire les miens et ceux de ma famille.
Aujourd'hui, j'articule mes journées autour de deux grandes activités...
D'une part, je suis la responsable pour GEFF en Belgique (Instagram), marque spécialisée dans les équipements sportifs personnalisés. Nous équipons notamment Charleroi et Waremme en Ligue A, ainsi que de nombreux clubs belges.
D'autre part, je suis coach en remise en forme. Mon rôle est d'aider chacun à se sentir pleinement bien dans son corps et dans sa tête, sans avoir besoin d'être un athlète d'élite. Beaucoup me contactent avec l'objectif de "perdre du poids", mais mon approche va bien plus loin : il s'agit d'apprendre à nourrir son organisme avec le bon carburant pour qu'il fonctionne de manière optimale, tout en s'adaptant au rythme de vie de chacun. Je fonctionne par petits "focus" progressifs chaque semaine, sans changements brutaux impossibles à tenir sur la durée.
Ce déclic est né il y a un peu plus de six ans, pendant le confinement. Malgré 8 à 10 heures de sport par semaine et une alimentation que je pensais équilibrée, j’étais épuisée en permanence. Ce n’était pas moi. Deux amies utilisaient les produits Herbalife. Au départ, j’étais extrêmement réticente : fille de parents qui cultivaient leurs propres légumes et produisaient leur propre viande, et ayant été hospitalisée trois fois pour des problèmes rénaux, j'avais d'immenses a priori sur la nutrition en poudre. J'ai fini par leur faire confiance et tester le programme. En comblant mes carences, j'ai rapidement perdu 10 kg, mais j’ai surtout retrouvé une vitalité incroyable : j'étais enfin redevenue moi-même.
Dans la foulée, nous avons lancé des entraînements en ligne réunissant plus de 100 personnes ! J'ai eu un coup de cœur absolu pour cette dynamique. J’ai aussi créé des séances Fit With Your Kid, car je savais à quel point l'excuse "je n'ai pas le temps, j'ai des enfants" est fréquente chez les parents.
Après une première expérience associative, j'ai récemment ouvert mon propre club avec mon mari Jérémy : le Revolution Club à Fleurus. D'ailleurs nous avons un cours Pilates Enfants et Pilates Parents/enfants au club. Entourée d'autres coachs (Pilates, Kick Power Fit, Zumba, renforcement, et même une section karaté pour les jeunes), j'y donne aussi plusieurs cours collectifs chaque semaine. La première séance est chaque fois offerte ! En parallèle, j'assure les suivis nutritionnels personnalisés avec Herbalife. Ce qui me passionne lors de mes bilans (le premier bilan est offert également !), ce n'est pas le chiffre sur la balance ou la photo avant/après : c'est la métamorphose mentale. Voir quelqu’un retrouver le sourire, ne plus subir la fatigue du quotidien ou courir fièrement ses premiers 5 km, c’est ma vraie victoire.
BL : Tu es un bon exemple qu'il faut mener de front le sport, les études, le travail et la préparation de l'avenir. Quel message aimerais-tu faire passer aux jeunes athlètes sur l'importance de ne pas "tout miser" uniquement sur le sport ?
HDH : Pour la petite histoire, je n’ai jamais terminé mes études de kiné ! En Belgique, le diplôme reste une référence majeure, mais je suis convaincue qu’un diplôme ne résume pas la valeur d'une personne : c'est l'envie d'apprendre constamment et de grandir qui fait la différence. J’ai par exemple occupé deux postes de Marketing Manager sans détenir de diplôme en marketing, simplement en transposant l’éthique de travail forgée sur les parquets.
En salle, je n’étais peut-être pas la plus douée techniquement ni la plus explosive, mais je m’entraînais toujours à 150 %. Hors blessure grave ou maladie, je n’ai jamais manqué un entraînement de ma carrière. Aussi quand j'avais la flemme, j'y étais, et j'y étais all-in. Cet engagement total est indispensable dans la vie active, les études ou l'entrepreneuriat : quand on s'engage dans un projet, il faut s’y donner sans tricher.
Pendant mes études, après ma blessure au genou, je devais faire un choix car mener de front des études médicales et une rééducation de haut niveau à 150 % était impossible. J'ai choisi ma passion. Mon message aux jeunes athlètes est d'élargir leur horizon : une carrière sportive peut s'interrompre en une fraction de seconde sur un mauvais appui. Peu importe votre parcours, restez curieux, travaillez dur et développez des compétences humaines et professionnelles qui vous porteront toute votre vie.
BL : Quel est le souvenir le plus marquant ou la plus belle leçon que tu gardes de tes nombreuses années sur les parquets belges et internationaux ou sur le sable ?
HDH : J'en retiens particulièrement trois... La victoire en Coupe de Belgique en 2012 avec Charleroi. Kieldrecht (aujourd'hui Beveren) était le grand favori, annoncé vainqueur à 1000 %. Et pourtant, nous avons créé l'exploit en soulevant la coupe. La finale se disputait à Anvers : étant anversoise d'origine, toute ma famille était dans les gradins. Un moment d’émotion inoubliable.
La 2ᵉ place au championnat national de beach volley avec Els Vandesteene. Je n’avais pas d'aisance naturelle sur le sable. Mais grâce au travail (on avait Liesbeth Vanbreedam comme coach, elle a participé aux JO pour le beach volley), à l'acharnement et à une super alchimie, nous avons énormément progressé au fil des tournois. Cette deuxième place avait l'éclat d'une médaille d'or tant nous nous étions données.
La leçon du diplôme et de la santé physique. Tout au long de ma carrière, j'ai été entourée des "meilleurs spécialistes" : entraîneurs de renom, préparateurs physiques, diététiciens... Tous bardés de diplômes. Et pourtant, personne n'a remarqué que je perdais de la masse musculaire au lieu d'en prendre. À 18 ans, en plein décollage de ma carrière, j'étais en sous-poids musculaire avec plus de 20 heures d'entraînement hebdomadaire, et c'est là que la grave blessure est survenue. Je ne rejette la faute sur personne, mais je reste persuadée qu'avec de vrais conseils sur la nutrition sportive et la récupération, les dégâts n'auraient pas été les mêmes. Aujourd'hui, avec seulement 3 heures d'activité par semaine et sans soulever de fonte, j'ai davantage de masse musculaire qu'à l'époque de mes 20 heures d'entraînement ! C’est une leçon qui guide tout mon travail de coach aujourd'hui.
BL : Du haut de tes 1,91 m, tu as marqué l'histoire des Dauphines de Charleroi, mais tu as aussi brillé en beach volley. Si tu devais créer un Sport régional ultime en fusionnant le volley-ball éventuellement avec une autre spécialité culturelle ou sportive de la région de Charleroi ou Fleurus, à quoi ressemblerait ce sport et quelles en seraient les règles ?
HDH : Tout d'abord, rétablissons la vérité : je ne mesure "que" 1,89 m... Ces deux centimètres en plus viennent sans doute de mes extensions au bloc ! [Hanne fait un clin d'oeil]
J’adore les défis qui bousculent la routine et soudent une équipe. Si je devais créer le sport ultime de notre région, ce serait une fusion entre un format à obstacles style Strong Viking, le fameux km vertical/impossible, et le volley-ball... Le concept : le Volley-Terril Challenge. Le terrain : un parcours de relais par équipe sur les terrils carolos ou sur une belle montée bien cassante de la région (comme au Bois de Soleilmont), ponctué d'ateliers d'agilité et de force. La règle d’or : l'équipe doit faire monter le ballon de volley jusqu'au sommet sans jamais le laisser toucher terre, uniquement par des passes hautes et des manchettes synchronisées tout en progressant dans la pente. L’épreuve finale : une arrivée en haut et, pour stopper le chronomètre, l'équipe doit valider trois attaques gagnantes consécutives au-dessus d'un filet perché au sommet du terril. Ça aurait de l'allure, non ? [Hanne fait une grand sourire]
Plus sérieusement, la question tombe à merveille : avec le Revolution Club, nous avons justement dans nos cartons le projet de créer un grand défi sportif régional inédit, rassembleur et accessible à tous. L’idée fait son chemin !
Un tout grand merci à Hanne pour ce chouette échange, son temps et son implication indirecte dans le projet sportif et sociétal de l'E.V. Arsimont...
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| Hanne De Haes, ancienne internationale de volley-ball et actuelle coach en remise en forme très énergique qui a ouvert le Revolution Club à Fleurus (© Facebook - Revolution Club) |


